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Journal d'un spectateur


Post-scriptum 1: T.Rex fan club (notes sur Dallas Buyers Club)

Publié par jsma sur 16 Décembre 2014, 10:42am

Catégories : #post-scriptum, #dallas buyers club, #matthew mcconaughey, #jared leto, #marc bolan, #t.rex, #glam, #notes

Post-scriptum 1: T.Rex fan club (notes sur Dallas Buyers Club)

Jusqu'à la fin du mois de décembre, je publierai de façon régulière de courts textes où il sera question essentiellement de musiques de film, ou de la musique dans les films de 2014. Cette mini-série, intitulée Post-scriptum, commence aujourd'hui avec Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée.

Dans ce film, je n'ai d'abord vu que deux acteurs qui performaient (voir mon texte du 13 février dernier), mais avec le recul – et parce que j'ai revu depuis Dallas Buyers Club – c'est moins la performance de Jared Leto et Matthew McConaughey qui me dérange (parce que leur cabotinage vaudra toujours mieux que n'importe quel plan de Félix de Givry dans Eden), que le discours civique et politique qui écrase peu à peu les personnages, jusqu'à cette fatigante scène de procès, par laquelle le film nous indique ce pour quoi il a été fait : 1) ériger un symbole pour une communauté qui a souffert (en l'occurrence les gays américains) ; 2) Retracer l'histoire récente de cette communauté, lui inventer une mythologie, lui trouver des "justes" (en ce sens Dallas Buyers Club n'est pas très éloigné de Harvey Milk).

Mais, grâce à la musique, le film parvient à sortir de ses rails ; c'est ce qui m'a frappé à la seconde vision Dallas Buyers Club : lorsqu'on voit Rayon, le travesti incarné par Jared Leto, tapisser les murs du Buyers Club de posters de Marc Bolan, l'esprit du glam s'invite dans le film et fait vibrer quelque chose d'inattendu et de juste, loin de toute performance. Le choix de T.Rex s'avère excellent pour caractériser ce personnage de travesti éblouissant (c'est le sens premier du mot "glamourous") qui semble vivre encore dans les années 70, alors que le film commence au milieu des années 80. Dans toutes les scènes où l'on voit Rayon chanter Marc Bolan, on a l'impression de quitter le Buyers Club (où le personnage de Ron, incarné par McConaughey, empile les boîtes de médicaments) pour entrer dans une chambre d'adolescent transformée en fan club. Il faut revoir Dallas Buyers Club pour ces belles scènes où le personnage de Rayon jette son dernier feu, – on le voit s'époumoner sur Main Man – jusqu'au moment où la maladie le rattrape. Il scrute alors son reflet dans le miroir et semble ne plus reconnaître son double glam . Le pathos fait irruption à ce moment-là (rappelant que DBC est un film à Oscars) mais on saura qu'il a existé, avant, cette jolie parenthèse musicale, presque hors de propos. Réécoutons donc Main Man de T. Rex.

Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée (sortie le 29 janvier 2014), avec Matthew McConaughey (Ron Woodroof), Jared Leto (Rayon), Jennifer Garner (Dr Eve Saks). Photographie: Yves Bélanger. 117 min.

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